La fin d'une famille

Publié le par Ric-kun

Je préviens tout de suite qu'habituellement quand j'écris, je suis inspiré et je le sais dès le matin que le soir même j'écrirais quelque chose sans trop savoir quoi, ce n'est que quand j'ai fini de l'écrire que je le sais. Mais là, c'est différent, j'ignorais totalement que j'allais écrire et suis encore bouleversé de ce changement brusque mais bon, voici ce que cela donne. J'imagine que le résultat ne doit pas être le même que d'habitude. Je ne pensais pas aujourd'hui être en état de faire quelque chose!


La fin d'une famille.


I- Vie fantôme.

Un matin différent, un matin comme un autre, mais si différent.


J'ai ouvert mes yeux ce matin là avec cette sensation si habituelle aux autres matins, cette sensation de yeux pâteux, collants qui ne veulent pas s'ouvrir une fois de plus et supporter cette lumière agressive. Dans cet état second, où tous nos sens sont encore endormis et ne veulent pas se réveiller. Malheureusement, d'un geste automatique, je jette ces draps si plaisants et en même temps si étouffants. Une fois assis sur ce bord de lit que je connais trop bien. Je frissonne, on est en hiver, c'est pas si étonnant, je suis en petite tenue, ma tenue d'Adam. Je gratte ma barbe, barbe de plusieurs jours: moi si soigneux et même assez précieux par certains côtés, me voilà devenu le Robinson Crusoé des villes. J'enfile un tricot de corps, enfile un boxer et me rend jusque dans la salle de bain.

Evitant mon regard, je glisse sur le sol, faisant des gestes répétitifs mais désordonnés. La confiance a quitté ce corps, mon corps. Un corps devenu dépendant de la morosité et de la déprime, ce sentiment d'abandon et de destruction. Les cernes profondes, les joues creuses et poilues, un être en pleine dégénérescence qui aime désormais la compagnie de la dépression, sa meilleure amie.

Je roule jusque dans la cuisine, m'assied mais ne prépare rien, manger ne sert plus à rien. La maison est grande, froide et vide. Les cris d'enfants ne sont jamais vraiment entré dans cette maison, enfin pas vraiment, mais ils sont une absence de poids dans mon coeur. Je suis seul depuis sept mois maintenant cependant plus rien ne me redonne le goût de vivre. J'ai voulu un temps arrêter de travailler, et j'ai continué, sans motivation, sans vie, entraîné par le quotidien.

Les déchirements précédents ont été forts mais là, tout ça a été trop loin. Vie détruite, anéantie, je poursuis et laisse à mon coeur le droit de battre encore. A quoi avoir souffert tout cela si c'est pour mettre fin à mon existence. Inutile, n'est-ce pas? Alors autant lui laisser ce droit de battre tant qu'il le pourra. Les larmes m'envahissent encore et je frappe rageur sur la table. Cela ne change rien mais sur le coup, cela fait du bien, puis mal encore plus mal, encore une fois, j'ai été plus con que je ne pensais l'être, après ce coup rageur, finalement je souffre encore plus et envoie valdinguer la coupe de fruit disposée au centre de la table, enfin ça soulage et ça ne fait pas mal, mais le soulagement dure dix secondes, le temps d'entendre le verre se briser au sol et la douleur revient: "Hé mon coco, je suis toujours là!"

Je me lève tel un robot et prend une douche vêtu du tricot et du boxer, je finis tout de même par abaisser le boxer pour laver les parties intimes, et le tricot lui par contre reste en place. Après ça, je m'habille vite fait, sors et prend le métro au coin du pâté de maisons. J'ai toujours eut le contact humain malgré ma timidité, j'étais un homme jovial, heureux, rieur et curieux regardant mes contemporains, mais maintenant je suis devenu pire qu'eux, déjà qu'ils ressemblent tous à des prisonniers ou à des cerbères; à croire que je suis devenu leur chef avec pour titre, "je vous mènerais tous en Enfer", non les humains sont vraiment devenus fermés, morts, ennuyeux et déprimants. Je me demande comment cela se fait que j'ai mis tant de temps à déteindre sur eux, sans doute que je croyais être épargnés malgré les douleurs de mon enfance, les errements de mon adolescence et la reconnaissance de ma sexualité différente qui aura fait de moi un isolé avant de trouver l'Amour. Moi qui n'ai jamais baissé les bras malgré les horreurs traversées, je les ai baissés et suis devenu le pire des humains.

Je regarde dans la vitre du métro ce regard mort éteint et ce nez cassé au milieu de la figure à cause de l'homophobie. Encore si seul le nez avait pris, ces cicatrices sur le corps qui ne s'effaceront jamais, ces dents cassées qui ne repousseront pas. Cela dit, j'ai survécu et relevé les bras malgré ça, ce n'est qu'un accident parmi les autres de ma vie, la perte de parents indignes qu'une étape qui fit mal et autres blessures.

Non, celle qui me fait mal et m'a fait baisser les bras, c'est la perte de cette famille que l'on avait composée, la seule qui eût comptée finalement. J'ai tout surpassé, mais cette blessure semble irréparable. Etrange, j'ai su me défaire de la famille de sang que j'avais eue, mais pas de celle que j'ai constituée, j'ai su oublier le sang car il ne voulait pas de moi. Je me souviens que ma famille de sang a voulu mettre fin à mes jours pour que je m'excuse d'être celui que je suis. Je ne l'ai pas voulu, j'ai refusé la torture, l'humiliation, le viol et j'en passe pour dire oui à mon chemin. Chemin chaotique qui m'a conduit à une nouvelle vie qui était celle qui va être contée maintenant!

II- L'accident.

Loïc était un fils de bonne famille, de son côté, pareil, on avait mal pris la chose, mais devenu avocat, il codirigeait le cabinet et gagnait très bien sa vie, loin de sa famille. Mûr et décidé, il savait que l'adoption serait un frein en couples, mais pour le moment, il vivait seul et pouvait se le permettre. Il a donc déposé une demande d'adoption, demande qui fut hautement validée, mais il dut attendre trois avant d'avoir enfin un fils, Mathieu.

Il l'a élevé d'abord seul, il a grandi, passant de trois ans à sept ans. L'enfant n'avait aucun souci, il vivait heureux avec son père. Il savait que son père aimait les hommes mais il savait bien que cela n'était pas la règle absolue, chacun étant libre d'aimer la personne dont il tomberait amoureux, son père le lui avait bien appris. Puis, j'arrivais dans leur vie, m'installant après deux ans d'attente enfin avec eux. Il est sûr que la chose était mal vue des habitants, mais nous étions heureux tous les trois. Moi ayant enfin un fils par l'entremise de Loïc. Bien entendu, toutes mes demandes d'adoption étaient refusées automatiquement, la justice refusant de donner deux pères à Mathieu. On était le scandale, Mathieu était moqué d'avoir deux pères, nous tentions de consoler le pauvre garçon quand il était plus touché que d'autres. Mais quel enfant ne connaît pas la moquerie dans la société d'aujourd'hui: celui-ci étant trop gros, l'un trop maigre, l'autre ayant des lunettes, l'un étant roux agrémenté de tâches de rousseur, l'autre étant pauvre et habillé de vêtements usés ayant servi au frère aîné, etc... Non Mathieu n'était pas plus touchés par les moqueries qu'un autre enfant.

Et puis, la faute de qui ces moqueries, si les parents inculquaient à leurs enfants que l'embonpoint, la myopie, le fauteuil roulant, la trisomie, l'homosexualité étaient normales, la moquerie ne disparaîtrait pas, mais elle serait moindre. Enfin bon, Mathieu était tout de même heureux avec nous, il nous appréciait tous les deux. Il s'était rapidement habitué à moi et moi à lui. Nous, Loïc et moi, l'aidions à surpasser les moqueries comme tous bons parents le font.

On fêta les onze ans de Mathieu, je vivais avec eux depuis quatre ans. Le surlendemain, un chauffard grilla un feu rouge, faisant dévier un bus qui traversait et heurta l'arrêt de bus qui se trouvait de l'autre côté de la route tuant sept piétons dont Loïc. Le jour même, alors que j'allais chercher en larmes Mathieu à l'école, deux personnes des services sociaux accompagnés d'un juge pour enfant et de deux gardiens de la paix me retirèrent devant l'école et tout le monde mes droits sur Mathieu, droits que je n'ai jamais eut que diront les offusqués, mais que moi et Mathieu prenions pour réels. Mathieu pleurait et ne comprenait pas ce qui se passait, il tendait ses bras vers moi, mais on le tenait ferme. De mon côté, j'étais abasourdi mais je tentais d'aller jusqu'à Mathieu mais les gardiens de la paix m'empoignèrent. Les parents présents ne diraient rien car beaucoup approuvaient mais n'osaient pas trop le dire, certains n'hésitaient pas en hurlant: "Vous n'avez aucun droit sur cet enfant, laissez-lui une chance de se construire normalement. Si vous l'aimez, laissez lui le droit d'avoir des parents corrects." Quelques uns devaient être de mon côté, mais ils se taisaient encore plus que les autres.

On m'avait enlevé Mathieu dont les derniers mots que j'entendis furent "Papaaaaaaaaaa, je t'aime. Les laissent pas m'emmener". Je n'avais plus personne: plus Loïc, plus Mathieu. Une nouvelle famille fut donnée à Mathieu, une famille que la justice définit comme plus conventionnelle.

Qu'y avait de plus conventionnel que Monsieur et Madame Bargain! Apparemment pas moi, on m'interdit tous droits de visite, tous droits tout court sur Mathieu. Oh, je n'avais jamais eut de droits sur Mathieu mais on ne pouvait pas m'enlever de la vie de Loïc, père adoptive et donc père légal de Mathieu. Je rigolais d'amertume en pensant qu'auparavant, on m'interdisait d'avoir tous droits sur l'enfant et qu'aujourd'hui on se permette de me donner des devoirs à son égard, celui de ne pas l'approcher. En quoi la justice avait-elle pu se permettre ce changement de pratiques? Normalement en tant que citoyen on a des droits et des devoirs, mais voilà que la justice qui m'interdisait tout droit sur l'enfant jusqu'à présent me donnait des devoirs à son égard. La justice déclara que je n'étais rien pour l'enfant. Rien.

Rien...

III- Les lettres.

J'avais poursuivi ma vie, en tâchant d'espérer que Mathieu reviendrait dans cette maison, un jour ou l'autre, je ne voulais surtout pas perdre espoir. Il y en avait toujours un. J'avais suivi les recommandations du tribunal, il m'était interdit d'approcher Mathieu, je ne voulais pas qu'on me prenne pour un psychopathe qui allait récupérer son gosse en allant le voir à l'école ou autres.

Je vivais d'espoir et étais encore heureux, si on peut dire les choses ainsi. Puis ce soir où je rentrais du travail, je récupérais mon courrier. Parmi les lettres habituelles de publicité, de facture, ... une lettre m'intrigua et je l'ouvris immédiatement. Cette lettre fut la fin de l'espoir. En voici le contenu:

Cher monsieur,

Je vous écris cette lettre pour vous informer d'une chose qui s'est produite avant-hier. Je suis Madame Bargain, la mère adoptive de Mathieu Bargain, le fils de feu votre compagnon.

Mon mari et moi avons tout fait pour le laver de ses mauvaises idées dans la tête. Il voulait vivre avec vous et comme il se doit nous n'avons pas flanché. Nous lui expliquions que vous n'étiez pas un modèle de vie, qu'il risquait de vous imiter car tout enfant prend pour modèle ses parents. Il nous rétorquait que c'était faux en lançant toujours la même explication à laquelle nous ne pouvions jamais répondre, sans doute car il avait raison mais nous ne voulions pas l'admettre. Pour nous, l'homoparentalité est un scandale qu'on puisse rien que le penser, l'évoquer. Il nous répondait donc "D'accord admettons que les enfants prennent pour modèle leurs parents et donc les enfants élevés par des homosexuels le deviennent à leur tour! Mais, alors comment expliquez-vous que les homosexuels, enfants de parents hétérosexuels, choisissent la voie de l'homosexualité, ils devraient pourtant avoir pris pour modèle leurs parents. Il ne s'agit que d'amour et le coeur a ses raisons que la raison n'explique pas." Dans une voix si jeune, il est toujours surprenant d'entendre de si augustes paroles et tout en ne pouvant l'accepter, nous savions qu'il disait vrai.

Comme vous avez pu le voir, je parle de Mathieu au passé puisqu'il est mort. Il s'est suicidé en se tailladant les veines avec son cutter. Il a juste laissé un mot dans une petite enveloppe à votre attention, je vous promets que mon mari et moi ne l'avons pas ouverte. Elle est jointe au courrier.

L'enterrement aura lieu demain matin à 9 heures, l'office a lieu en l'église de Saint Martin près des halles. Je vous envoie cette lettre à l'avis contraire du tribunal qui m'avait demandée d'attendre que l'enterrement ait eu lieu pour vous avertir, mais j'ai pensé que vous aviez le droit de savoir et de venir accompagner Mathieu en sa dernière demeure.

Bien à vous,
Bargain Joséphine.

Les larmes ruisselaient sur mon visage et c'est d'une main tremblante que je retirais une petite enveloppe pliée en deux au sein de la grande. L'ouverture était déchirée dans un coin et légèrement gondolée (la vapeur d'eau chaude avait presque entièrement camouflé le méfait). Cette confession d'un condamné m'est précieuse et je la garde toujours sur moi. En voici, les propos (j'ai retiré les ratures, les fautes, ...):

Papa,

Quand tu liras ces mots, c'est que mon coeur aura cesser de battre. A mes yeux, toute ma vie, j'ai eut deux pères aimants et gentils. Loïc m'apportait savoir, combativité et volubilité; toi, tu m'apportais logique, sportivité et réserve. Je n'avais pas de mère, mais en avais-je besoin? Je réponds non. Des femmes, des filles, j'en avais autour de moi comme tout le monde, je savais donc qu'elles existaient. Mais vous me donniez de l'amour suffisant, et je n'en ai jamais eut à me plaindre.

Bien entendu, il arrivait que je fasse des bêtises et vous me punissiez quand il fallait. Lorsque je me blessais, vous me soigniez et me réconfortiez. En quoi d'avoir un père et une mère aurait-il changé les choses? En rien. Un enfant a besoin d'amour et qu'on lui explique les choses. Vous m'aviez toujours expliqué votre cas et je l'acceptais. J'ai pu en souffrir, mais je n'étais pas le seul souffre-douleur de l'école. On était nombreux et chacun d'entre nous avions une raison d'être martyrisés. Le plus étrange est qu'il ne venait en tête d'aucun de nous de nous unir contre les autres. Mais c'est comme ça lorsqu'on est enfant, on est assez égoïste.

Monsieur et madame Bargain ne sont pas méchants, mais ils ne seront jamais mon père et ma mère. Je souffre de ton absence, papa. Je ne comprends pas cette injustice qui nous a éloignés dans la tragédie de la mort de papa. Je n'ai même pas pu aller à son enterrement. Viens au mien, je te ferais un signe.

Je t'en prie, ne fais pas de bêtise après avoir lu ce mot. Je ne peux pas continuer à vivre loin de toi, j'en souffre trop. Le tribunal a eut tord et j'espère être un exemple pour l'avenir. J'ai mal papa sans toi, j'espère que tu comprends mon geste et me pardonnera.

Adieu papa, je t'aime.
Mathieu

IV- Rideau.

Le lendemain matin, la pluie frappait fort, l'orage grondait. Je m'étais vêtu de noir et marchait jusqu'à l'église. J'étais devenu ce fantôme que je suis encore aujourd'hui. Alors que je montais les marches du parvis de l'église, je crus buter dans quelqu'un mais en fait non, une main s'était avancée sur moi et m'avait stoppé dans mon élan.

- Non monsieur, vous n'entrez pas!
- Hein? Quoi? Mais je suis dans mon droit le plus total d'être ici.
- Non, le tribunal a instauré que vous n'aviez aucun lien avec cet enfant.
- Je me fous de ce qu'a pu dire le tribunal, aujourd'hui mon fils est mort et je me dois d'être présent à son office funèbre. Quel mal puis-je lui faire maintenant que vous l'avez tué?
- Il n'est pas votre fils et votre présence ne fera que faire souffrir sa famille.
- Mais sa famille, c'est moi, vous m'entendez! Et puis, je peux assister en tant que simple badaud.
- Non, vous avez, fut un temps trop proche de la victime pour prétendre à ce titre et le tribunal vous a retiré tous droits de revoir ou d'approcher l'enfant. Je suis envoyé pour respecter ceci.
- Mais vous n'en avez pas le droit!
- Nous l'avons, je suis désolé pour vous, monsieur.
- Désolé? Vous êtes désolé? Alors ça, c'est la meilleure.
- Croyez-le ou non, je suis réellement navré monsieur de vous interdire cela.

Je reculais frappé, perdu, défait. Ainsi, la justice voulait imposer droits et devoirs post-mortem également. Je fis semblant de partir, mais une fois éloigné, je contournais le bâtiment mais des agents étaient postés aux autres portes. Revenu à mon point de départ, je m'élançais. L'agent en faction surpris ne réagit pas tout de suite, mais m'intercepta au départ de la nef. L'assistance peu nombreuse attendait le début de la messe. En effet, il n'était encore que 8h40. Tout le monde se retourna et un homme que je reconnus comme étant monsieur Bargain s'avança et ordonna:

- Faites-moi sortir l'assassin de mon fils.
- Monsieur, tout de même, cet homme n'a point tué votre fils, répondit l'agent.
- Il suffit, faites le sortir!

Assommé par les mots et l'épuisement moral, je ne résistais pas et ne tardait plus à être dehors encadré par deux agents dans leur voiture de patrouille comme un vulgaire bandit. Puis les cloches sonnèrent le glas, l'assistance sortit précédée du cercueil porté par des inconnus. Je pensais au fond de moi, qu'il était injuste que je ne sois pas l'un de ces porteurs. La voiture de police suivit le cortège.

Encadré de trois agents, je pus assister à la cérémonie d'inhumation de loin. Je ne percevais même pas les paroles du prêtre avec le vent et la pluie. L'orage lui avait cessé. Puis la cérémonie se termina et la foule se dispersa rapidement. L'agent qui était posté à la porte principale de l'église fit partir ses hommes et me dit juste avant de s'en aller:

- Je m'excuse vraiment pour tout ça. Mais allez maintenant. La voie est libre.

Sans un mot, je me rendis jusqu'à la fosse, qu'un homme habillé de vert remplissait de terre avant qu'on n'ajoute la pierre tombale. Je demandais à l'homme de se retirer et prenant la pelle, je remplis la fosse de la terre. Une fois le travail fini. Je m'agenouillais en larmes sur le tas encore fraîchement retourné. Ecroulé, épuisé, dégoûté du dernier droit qu'on m'avait retiré, je pleurais tout ce que j'avais en moi. Me baissant, m'écroulant presque sur la terre humide. La pluie avait cessé mais je ne m'en étais même pas rendu compte. Puis une soudaine éclaircie éclaira la terre et moi-même et comme étouffé, je crus entendre:

- Papa, je t'aime!

Levant la tête, mes yeux furent éblouis, je protégeais ma main mais ne vis rien d'autre qu'une simple trouée qui avait un instant laissé les rayons passés. Avais-je rêvé la voix? Mais une chose était sûre, la trouée avait été réelle tout comme mes larmes que je verse encore.

Le rideau de pluie s'abattit de nouveau sur moi, sur ma peine et sur la certitude d'avoir été un bon père.

**************

Sortant du métro, je remontais à la surface, puis d'un pas lent, je me dirigeais sans joie jusqu'à mon bureau. Alors que je traversais la rue en courant car j'avais la flemme d'aller jusqu'au passage piéton qui se trouvait à près d'un kilomètre, je vis un jeune garçon qui venait vers moi. Un instant, je crus qu'il s'agissait de Mathieu, mais non, ce n'était pas lui. Il me dépassa, j'entendis un klaxon, des freins, des cris puis plus rien.

Le rideau de ma vie se referma sans plus aucun bruit.
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Publié dans Ecrits

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N
j'aime beaucoup cette nouvelle<br /> j'ai du me retenir pour ne pas pleurer T^T
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K
magnifique mais pour plus d'information, j'ai repondu sur hyjoo.<br /> <br /> Pas envie de copier/coller ^^'<br /> <br /> (je suis hereuse de ce nouvel artcile :D)
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